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Homélie du Dimanche 02 Mars 2025/ 8ème Dimanche du Temps Ordinaire/ Année C

Lc 6, 39-45 : La dialectique du maître et du disciple ou le « devenir » fils dans le Fils

A l’introït de l’évangile de ce dimanche figurent une interrogation et une affirmation qui, à y voir de près, forment ce que j’appelle dans cette méditation, la dialectique du maître et du disciple

Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? (L’interrogation)

Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera “comme” son maître. (Lc 6, 39-40)

Nous le savons, l’adverbe comme est un mot-clé de l’évangile de Jean que nous retrouvons ici chez Luc. Dans l’évangile de Jean (pour être concret), il ne s’agit pas d’aimer, mais d’aimer comme le maître a aimé. D’être unis comme le maître l’est au Père. Si nous observons bien (comme le dit l’un de mes théologiens préférés que vous devinez sans doute déjà, Léonard Katchekpele), avec l’adverbe comme, « l’attention va moins à ce qui est fait qu’à la manière de le faire. Car le christianisme est un style. Cela dit, Jésus n’exclut pas que nous l’imitions au point de le dépasser : “… il (le disciple) fera des œuvres même plus grandes” (Jn 14, 12). » Mais il s’agit d’abord de commencer par être comme Lui.    

Et pour être comme le maître, l’affirmation de la dialectique est très pointue et précise à ce sujet : « Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. » Voyez-vous, être comme le maître est une conséquence d’une bonne formation reçue et intégrée. Et c’est ici que se pose la grande problématique de l’imitation de Jésus (Je ne parle pas du livre). Il s’agit de répondre à la question suivante : comment, en tant que disciple, suis-je à l’école de Jésus ? Tout est ici dans le « comment ». 

Vous convenez avec moi que « être à l’école de Jésus », ce n’est pas faire de l’arithmétique, ou de la géologie par exemple. Mais bien devenir comme Lui, fils du Père. Il ne s’agit pas donc d’apprendre quelque chose sur Jésus mais il s’agit précisément de devenir comme Lui, fils du Père. Et c’est d’ailleurs tout le projet de Dieu que nous chantons dans l’hymne christologique de l’épître aux Ephésiens : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ […] qui nous a choisis dans le Christ dès avant la fondation du monde pour être pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ » (Eph 1, 3-5). 

Dès lors, on comprend que « être bien formé » afin d’être comme le maître Jésus, c’est devenir précisément des fils du Père dans le Fils unique. Il est donc clair que la dialectique du maître et du disciple est dans une mesure certaine l’analogie de la filiation. C’est dire que, être comme le maître, c’est devenir fils du Père. Ici, nous retrouvons l’une des convictions très chère au Cardinal Sarah : « Le prêtre n’est pas seulement un alter Christus mais un ipse Christus, le Christ lui-même »[1]. Cela peut être dit de tout disciple : le chrétien n’est pas seulement un autre Christ mais le Christ Lui-même, c’est-à-dire, fils du Père. 

Puisque la dialectique du maître et du disciple est finalement une invitation à la filiation, comment pouvons-nous devenir des fils du Père ? J’entrevois ici deux manières (sans prétendre faire le tour de la question comme le dit souvent quelqu’un).

Premièrement, on pourrait regarder comment le Fils Unique de Dieu est lui-même Fils du Père. La théologie nous dit que le Fils Unique de Dieu se reçoit éternellement du Père. C’est-à-dire, éternellement, il est engendré par Dieu. Mais il nous faut être plus clair. Le prologue de Jean dit ceci du Fils de Dieu : Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος, καὶ ὁ λόγος ἦν πρὸς τὸν θεόν / « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu » (Jn 1, 1). Le ὁ λόγος ἦν πρὸς τὸν θεόνrendu ici par « Le Verbe était auprès de Dieu » pourrait être traduit par « Le Verbe était tourné vers Dieu ». Ainsi, on comprend que c’est en étant tourné vers le Père que le Fils de Dieu se reçoit éternellement du Père. Autrement dit, c’est dans le vis-à-vis, dans le face à face avec le Père que le Fils devient éternellement Fils. Frères et sœurs, c’est en étant dans ce face-à-face avec Dieu que nous devenons fils dans le Fils. Il y a une belle expression du théologien Rahner – en parlant de la disposition ontologique fondamentale – qui l’exprime autrement : C’est dans le face-à-face avec Dieu que « vient à soi ce qui a toujours été pour soi »[2]. Frères et sœurs, vous convenez avec moi que c’est en étant tourné vers Dieu dans l’adoration du Saint Sacrement que nous devenons continuellement fils dans le Fils. Et c’est à juste titre que le Cardinal Sarah affirme ceci dans son livre Dieu ou rien : « L’homme est long à naître et sa naissance n’est pas un acte ponctuel. Elle advient à chaque instant. […] Les grands moments d’une vie, ce sont les heures de prière et d’adoration. Ils enfantent l’être, ils façonnent notre véritable identité, ils enracinent une existence dans le mystère »[3]

Puisque cette première manière de devenir fils dans le Fils est donnée dans le regard tourné vers Dieu dans l’adoration, appelons celle-ci le regard vertical. On devient fils de Dieu en ayant un regard vertical.  

La seconde manière de devenir fils dans le Fils est donnée dans la suite de l’évangile.  Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère ? […] Esprit faux ! Enlève d’abord la poutre de ton œil(Lc 6, 41-42). 

Ici, il s’agit de regarder précisément vers soi, de faire un travail sur soi pour éradiquer de sa vie tout ce qui nous empêche de tourner le regard vers Dieu : « Enlève la poutre de ton œil, alors tu verras clair… ». Il s’agit de se regarder en face et d’enlever de sa vie tout ce qui nous empêche d’être fils dans le Fils. Voyez-vous, si nous voulons devenir des fils de Dieu à l’image du Fils unique, il est indispensable de se regarder et d’avouer à soi-même ce que nous sommes véritablement et que nous cherchons par tous les moyens à cacher aux autres. A ce niveau d’analyse, devenir fils de Dieu consiste à faire en toute sincérité la vérité sur soi et d’y travailler avec l’aide d’un accompagnateur spirituel. Si je suis un hypocrite, que je sois capable de me l’avouer et d’y travailler avec un accompagnateur; si je suis un dribbleur, que je sois capable de me l’avouer en toute vérité et  d’y travailler avec l’aide d’un accompagnateur; si je suis un syncrétiste, que je sois capable de me l’avouer en toute sincérité et d’y travailler avec l’aide d’un accompagnateur; si je suis un pédophile, que je sois capable de me l’avouer en toute franchise et d’y travailler avec l’aide d’un accompagnateur spirituel; si j’ai des problèmes de sexualités terribles allant jusqu’au désordre sexuel et aux choix problématiques, que je sois capable de me l’avouer en toute vérité et d’y travailler sérieusement avec l’aide d’un accompagnateur spirituel. Ce travail sur soi, est un travail difficile ; je ne vous le cache pas. C’est une ascèse ; mais il faut le faire impérativement si nous voulons devenir des fils de Dieu dans le Fils unique. Puisque cette deuxième manière de devenir fils dans le Fils est donnée dans le regard tourné vers soi, appelons celle-ci le regard horizontal.

Nous parlions tantôt du regard vertical, et nous voici en train d’indiquer aussi le regard horizontal pour devenir des fils de Dieu. On l’aura compris, c’est précisément à la croisée du regard vertical qui se tourne vers Dieu et du regard horizontal qui se tourne vers soi, ses hontes et ses laideurs intérieures en vue de les éliminer que nous devenons continuellement des fils de Dieu. Mais il y a plus que ça. Quand le vertical et l’horizontal se croisent, c’est la croix qui se dessine. Vous l’aurez compris, la dialectique du maître et du disciple qui est une analogie de la filiation mettant en œuvre le regard vertical et le regard horizontal finit dans le mystère de la croix où elle se réalise définitivement. Devenir fils de Dieu, en imitant le maître, n’est jamais dissocié du mystère de la croix. Et ce n’est qu’à ce prix que nous pourrions porter de bons fruits.

En attendant que cela se réalise pour nous définitivement, prions avec Saint Anselme de Cantorbéry dans le Proslogion pour que les vices et les péchés ne noircissent pas en nous l’image du Fils de Dieu que nous construisons progressivement avec la grâce de Dieu :  

J’avoue, Seigneur, et je rends grâces : tu as créé en moi cette image de toi pour que, me souvenant de toi, je pense à toi et t’aime. Mais le frottement des vices l’a tellement effacée, la fumée des péchés l’a tellement noircie, qu’elle ne peut faire ce pour quoi elle fut faite, à moins que tu ne la rénoves et reformes[4]. 

Père Ata-Kossi Barnabé-Marie DJAGLO, Pss


[1] Extrait de l’Homélie du pèlerinage du Cardinal Robert SARAH à l’occasion du pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Chrétienté à Chartres en 2018. 

[2] Karl Rahner, « Considérations dogmatiques sur la psychologie du Christ », in Etre homme et le devenir homme de Dieu, Ed. du Cerf, Paris, 2019, p. 465-466.

[3] Robert Sarah, Dieu ou rien, Fayard, 2015, p. 96

[4] Anselme de Cantorbéry, Proslogion, Paris, Flammarion, 1993, p. 40

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