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Homélie du 2e Dimanche / Carême Année C

La figure de l’apôtre Pierre me fascine beaucoup. Parce qu’à travers ses diverses interventions, l’apôtre nous dévoile une personnalité entière et particulière, sincère et vraie. Pierre dit les choses sans filtre, quitte à se faire aduler ou gronder par son maître Jésus. Mais il les dit quand même, parce qu’il est franc et sincère, direct et touchant. Il peut hésiter quelquefois, mais il n’y a pas de ruse en lui. Dans l’Évangile que nous venons d’écouter, c’est encore lui le premier à exprimer son sentiment de bien-être absolu : « Il est heureux que nous soyons ici ». Il traduit par là une sensation d’un bonheur profond, d’une paix et d’une quiétude qu’il ne souhaite pas voir s’achever. C’est pourquoi il émet la proposition de demeurer plus longtemps en ces lieux, et peut-être d’y rester finalement pour toujours, du moins tant qu’on s’y sent heureux. L’habitat qui satisferait à son désir d’une demeure pérenne sur cette montagne de la transfiguration, c’est une tente. Il en prévoit trois. Et dans sa joie immense et folle, il en vient à s’oublier lui-même, ainsi que ses deux congénères. Trois tentes donc, prévues pour chaque entité représentative des alliances de Dieu avec le peuple d’Israël : une pour Moïse qui symbolise la Loi, la Torah, entendue par saint Paul comme la sagesse de Dieu, le mystère de son amour pour les hommes jusqu’à la livraison du Fils sur une croix, scandale pour les juifs et folie pour les nations païennes.

Une deuxième entité représentative est Élie, considérée comme une figure marquante du renouvellement de l’Alliance divine contre l’idolâtrie du roi et des notables de la cour, contre l’allégeance faite à Baal et à ses suppôts. Élie est revenu en la personne de Jean-Baptiste pour indiquer l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. In fine, Moïse et Elie renvoient au Christ, symbole de l’irrévocabilité de l’Alliance de Dieu avec son peuple. Malgré les multiples péchés d’Israël, Dieu n’a pas révoqué ou rompu son alliance avec son peuple. La fidélité éternelle et définitive de Dieu à l’Alliance se manifeste dans la personne de son Fils bien-aimé, celui que nous devons maintenant écouter. Je vais y revenir.

Marquons déjà ici un premier pas : Pierre nous parle d’un côté d’un bonheur incommensurable en présence de son Maître transfiguré. Mais pour profiter longtemps de ce ravissement, il évoque d’un autre côté la construction de trois tentes qui sont un habitat fragile et provisoire, éphémère et passager. Comment jouir d’un bonheur éternel dans un habitat aussi précaire qu’une tente ? Il y a là un semblant de contradiction que je souhaite nommer « le paradoxe pétrinien ». Mais avant de le résoudre, je vais reprendre la lecture des autres textes de ce dimanche à la lumière de ce supposé paradoxe.

Commençons par la promesse de Dieu dans la première lecture : « Regarde et compte le nombre des étoiles, si tu le peux… telle sera ta descendance, à laquelle je donnerai le pays que voici ». Celui qui reçoit cette promesse d’une descendance et d’une terre, c’est Abraham qui, malgré un âge avancé, n’a pas encore de progéniture. Mais le texte dit ceci de très important : « Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste ». D’un côté nous avons la temporalité et la matérialité de la promesse divine, et en face, nous avons la foi et la justice d’Abraham. Foi et justice tout court ! rien d’autre ! Ce qui fait aboutir la temporalité et la matérialité de la promesse divine dans une dimension d’éternité, c’est la foi et la justice d’Abraham. Ceci constitue une vérité d’une très grande importance ignorée quelquefois par nous prêtres qui courrons tous après des terres et peut-être même une descendance à laquelle nous n’avons pas droit !

Cela constitue une vérité d’une très grande importance ignorée aujourd’hui par beaucoup de politiques de conquêtes et de colonisation de la Palestine par Israël ; lesquelles politiques continuent de croire au caractère matériel de cette promesse divine ; le conflit incessant entre palestiniens et Israéliens provient de cette relecture matérialiste et fallacieuse de la terre promise par Dieu à Israël et à ses descendants. Mais derrière le caractère matériel et physique de la descendance d’Abraham à qui Dieu promet une terre matérielle et temporelle, il faut opposer la réalité de la foi d’Abraham, de sa justice, par lesquelles la promesse de la quantité visible et matérielle, biologique et temporelle passe dans une sphère qualitative et universelle, intemporelle et éternelle ! Le psalmiste l’a vue de loin, cette transformation paradoxalement lumineuse quand il suppose qu’il verrait les bontés du Seigneur sur la terre des vivants ! Les morts dans la foi en Dieu de Jésus-Christ, sont maintenant les descendants spirituels d’Abraham, les vivants qui attendaient la Résurrection du Christ, premier-né d’entre les morts : « Abraham a tressailli de joie à l’idée de voir mon jour ; il l’a vu et il a été dans la joie ». Ce jour du Seigneur, c’est ce que nous célébrons tous les dimanches depuis la Résurrection du Christ.

Le jour du Seigneur, Saint Paul l’a expérimenté aussi dans sa conversion par la souffrance subie pour le nom du Christ. C’est pourquoi il met en garde les chrétiens qui choisissent une vie facile, totalement incohérente et en flagrante contradiction avec la croix du Christ. Il nous met en garde quand nous érigeons en absolu les réalités éphémères de ce monde : pouvoir, argent, sexe, maisons, voitures, nourritures et boissons, drogues et diverses addictions ; ces supposées petites éternités temporelles qui s’opposent à la croix du Christ. Il rappelle ce qui doit être le fondement de notre foi et de notre justice : notre espérance d’un ciel nouveau, d’où nous attendons le Seigneur qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ! Je relève ici aussi un paradoxe paulinien, puisque c’est ce même pauvre corps éphémère et passager, fragile et balloté par les vents contraires, c’est ce corps qui sera transformé en corps glorieux, à l’image du Corps du Christ.

Chers amis, marquons ici un autre pas ! car ici, en ce point précisément Paul rejoint Pierre et voici comment. Notre corps est envisagé par Paul comme une réalité passagère à l’instar d’une tente, éphémère comme une tente, fragile comme une tente, et temporaire comme une tente. Mais c’est ce même corps, cette même pauvre tente marquée par la faiblesse, c’est lui qui se transfigure au jour le jour dans les souffrances quotidiennes, les trahisons, les injustices subies pour le nom du Seigneur. Ainsi, notre pauvre corps continue de se conformer au Corps du Christ ressuscité, corps transfiguré tel que les apôtres l’ont vu sur la montagne, corps appelé corps de gloire, marqué pourtant par la passion et les coups, par la faiblesse et la mort. L’entretien de Moïse et d’Elie avec Jésus l’atteste. Il évoque son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Et donc littéralement Moïse et Elie parlent de la mort de Jésus et des événements qui vont l’entourer, non comme d’une fin de parcours, mais comme un accomplissement comme un achèvement qualitatif, un aboutissement et comme un point de départ pour l’ouverture du Ciel à tous les justes en attente du salut.

J’ai dit tantôt que les deux entités représentatives de la Loi et des Prophètes renvoient à Jésus vu comme l’irrévocabilité de l’alliance de Dieu pour son peuple, celui que le Père nous demande d’écouter. L’alliance est créatrice d’un don d’amour. Dieu est resté fidèle à l’alliance, mais l’homme l’a brisé. Cependant, Dieu n’a pas révoqué son alliance avec l’homme. Cette rupture de l’alliance par l’homme a conduit Dieu à la mort sur une croix. À chaque jubilé sacerdotal, on entend souvent dire à tort ou à raison que : « Nous fêtons la fidélité de Dieu à l’alliance. C’est Dieu qui, seul, est resté fidèle, nous, ses serviteurs, nous avons rompu l’alliance, nous avons été infidèles ». Mais nous oublions de dire que notre infidélité blesse Dieu et incurve et dévie son dessein et son plan de salut pour le monde. Notre infidélité blesse Dieu… Notre effort de fidélité nous rend participants de son salut pour le monde. C’est cela notre vrai sacrifice, nous qui avons tout laissé pour le suivre, c’est cela notre souffrance par amour pour le monde. C’est cela le sens même de l’Eucharistie.

La résolution du paradoxe pétrinien et celui paulinien nous conduit donc de plano au sens profond de la transfiguration du Seigneur. La mort et la résurrection ne peuvent être ni séparées, ni distinguées. Être fidèle au Christ, c’est tuer dans sa chair les affres du péché et de la mort, c’est écouter le Fils. C’est se laisser christifié, c’est-à-dire se laisser transfiguré en lui et par lui, et devenir ainsi contemporain du Christ, contemporain des saints Moïse, Élie, Abraham, Pierre, Jean, Jacques, Gall, Thérèse, Claire et François, Bernadette, et j’en oublie…. C’est s’insérer dans l’histoire de la Bible qui est l’histoire du Salut. C’est devenir une nouvelle « parenté de sang avec Dieu, qui naît de la communion avec le Christ et avec la communauté des saints ».

Quel est le sens de notre développement ? La tente c’est l’Église d’ici-bas. Elle est la partie pèlerine de la maison divine qu’est l’Église du Ciel. Sa fragilité est comparable à nos corps. Avec sa forme provisoire et son aspect de tente de combat, l’Église pérégrinante renvoie à la maison définitive qu’est le corps du Christ, le « Christus totus », l’Église du Ciel. Nous qui recevons le Corps du Christ dans nos pauvres corps mortels, nous sommes le temple que Dieu construit pour le bonheur éternel. Dans chaque Eucharistie, le Christ ressuscité et transfiguré nous indique l’amour qui transfigure nos pauvres corps en corps de gloire. De ce point de vue, l’Église qui célèbre l’Eucharistie est la tente dressée par Dieu dans le désert de ce monde. Celui qui l’habite est un « homo viator », un voyageur. Nous chrétiens, nous sommes des voyageurs, des pèlerins. Nous avons besoin d’un trousseau spirituel pour la route. Ce trousseau nous est offert dans les sacrements dont notamment l’Eucharistie qui constitue en soi, la parenté avec Dieu, la communion à un degré de bonheur céleste et profondément exaltant. Là où le Fils est écouté et obéi dans l’amour infini du Père, par le don de l’Esprit.

Que ce deuxième dimanche de carême nous fasse tenir fermement nos résolutions en ce jubilé, et si nous n’en avons pas encore pris, qu’il nous incite à le faire ici et maintenant. Amen.

P. Camille Coovi SESSOU

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